La place de la culture sur le Web ou la place du Web au sein de la culture.

26 février 2010 | Mervet BENRABAH |

email-10Sans pour autant soulever la question du Kindle et autres lecteurs de livres numériques existant, qui implique le problème des droits d’auteurs, une question se pose :

La survie de la culture serait-elle menacée par l’existence du web ?

Plusieurs tendances existent; il y a tout d’abord les grands réfractaires qui voient dans le Web une forme de destruction de la culture. On peut sans conteste citer le célèbre ouvrage d’Andrew Keen « Le culte de l’amateur, Comment internet tue notre culture ». L’auteur prône, à travers ce pamphlet, les dangers du Web 2.0 qui favorisent la création libre de contenu plutôt que l’appréciation d’une véritable culture au sens classique du terme. Cet ouvrage, bien qu’il énumère les failles du Web 2.0 et ses conséquences directes sur l’internaute, est cependant extrêmement critiqué, et ce non sans raison.

En effet, une telle prise de position ne reconnait pas l’amélioration considérable de la communication culturelle par le biais du web. Le Web permet non seulement de communiquer un nombre quasi illimité d’informations relatives à la culture, ce que les médias classiques ne permettaient pas, mais ce canal offre également une meilleure accessibilité des données. Si certains outils, tels que les encyclopédies libres dans lesquelles figurent parfois des aberrations ne vont pas dans le sens des académistes, il n’en reste pas moins que des milliers de professionnels de l’univers de la culture ont compris l’intérêt crucial de l’internet pour ce domaine.

Ainsi, se sont déployés à une vitesse fulgurante des milliers de sites; des portails d’information, en passant par les sites institutionnels tels que les musées, les galeries d’art mais aussi les sites des artistes qui bénéficient désormais d’interfaces consultables par toute personne disposant d’un accès à internet.
Le RAIQ a très récemment organisé une conférence à HEC sur le thème : « La place des nouveaux médias dans le marketing des organismes culturels » au cours de  laquelle s’est exprimé Philippe Ravanas, professeur au Columbia College de Chicago. [Interview  disponible]

Ce dernier met en relief une notion de « mur » existant entre les consommateurs et les entreprises-dû au pullulement de la publicité- qui se voit dissipé grâce aux médias sociaux.
Bien plus qu’un simple canal de diffusion de l’information, l’internaute peut transmettre à son réseau de connaissances les informations qu’il a consultées par le biais des réseaux sociaux et favorise, de ce fait, la diffusion des messages culturels.
Ce canal peut accessoirement effrayer les récalcitrants à ce type d’initiatives dans la mesure où l’entreprise perd son autorité sur ses moyens de communication, au dépit d’une favorisation des micro-communautés…

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